Lot de chroniques par JackPot
Un lot de commentaires de JackPot à propos des fanzines BD qu’elle a achetés lors de Japan Expo 2010. Cliquez sur l’image pour y accéder.
Un lot de commentaires de JackPot à propos des fanzines BD qu’elle a achetés lors de Japan Expo 2010. Cliquez sur l’image pour y accéder.
Agrafé par Marc
Nom : Köhse
Auteur : Sano
Année de parution : 2010
Type de fanzine : BD, one-shot
Format : A5
Reliure : agrafes
Nombre de pages : 48 pages / Noir et blanc
Prix : 4€
Site internet : http://pygma.over-blog.com/
Köhse est le fanzine surprise de Sano, spécialement préparé pour sa participation à Japan Expo 2010. A vrai dire, c’est même une double surprise.
Sano est connue sur la toile pour son trait et son style atypiques. L’influence manga est indéniable mais parfaitement digérée de sorte qu’elle a développé un graphisme très personnel. Sano est également connue lors des conventions manga/culture jap pour être à l’origine de sketch books foisonnant de croquis tous plus travaillés les uns que les autres (on se rappellera notamment de NIX, chroniqué par nos soins ils y a quelques mois). Et cette année, son actualité plutôt chargée ne laissait pas présager l’arrivée du moindre fanzine. Contre toute attente, la demoiselle a préparé un nouveau fanzine et, surprise des surprises, celui-ci contient une BD one-shot. Exercice auquel Sano ne s’est pas prêtée depuis quelques années dans un fanzine. Lorsqu’elle a annoncé la nouvelle, couverture du dit fanzine sous le coude, j’ai immédiatement souhaité me le procurer.
Techniquement parlant, le fanzine présente bien, les couleurs de la couverture sont douces, l’impression noir et blanc de bonne qualité et le massicotage apporte un petit plus agréable. La mise en page, elle, est sobre mais travaillée ; l’association fanzine = amateurisme n’est pas ici possible.
L’histoire commence rapidement lorsque l’on fait la connaissance de Lynn, jeune villageoise vivant avec sa grand-mère, qui assiste à des phénomènes étranges. Ceux-ci sont de plus en plus fréquents au village et lorsque Lynn croise Köhse, un jeune yokai de la famille des singes, ils décident tous les deux d’enquêter pour comprendre et résoudre ce mystère.
Je ne sais pas s’il convient de parler de tendance mais il est certain que les histoires de yokai et autres créatures issues du folklores japonais sont à la mode, ce qui n’est pas pour me déplpaire. Ici, Sano reprend principalement des créatures animales avec un design rond et ultra cute. Ses personnages sont tout bonnement irrésistibles, de l’adorable enfant singe au charismatique tengu, c’est un vrai plaisir pour les yeux.
Le graphisme est soigné, le crayonné est propre, les décors fournissent une ambiance mystérieuse empreinte de magie et les trames sont justement utilisées. La narration est claire, les dialogues ne sonnent pas faux et le lecteur a vite fait de se laisser embarqué dans cette aventure. Le seul regret est que cela passe bien vite !
Heureusement, une sélection de croquis complète la BD, agrémentée de petits commentaires présentant les personnages et apportant parfois quelques détails inédits. Certains d’entre eux laissent même entendre qu’une suite est envisagée, c’est un grand oui plein d’espoir qu’on lance à Sano, s’il te plaît, la suite !
En bref
Dans Köhse, Sano place la barre très haut avec des personnages adorables, une histoire surprenante, une ambiance et un univers magique. On referme ce fanzine avec des étoiles pleins les mirettes prêt à faire de beaux rêves dans lesquels on accompagne le cortège aux 100 esprits…
Voilà déjà quelques mois qu’Agraphages souffre d’un manque flagrant d’activité. Les causes sont assez diverses mais je pense pouvoir affirmer que le manque de temps et de motivation sont celles à incriminer en premier lieu. Pourtant, Agraphages est un projet qui nous tient tous à cœur, on y a tous passé pas mal de temps et puis, surtout, on y croyait.
Après réflexion, il est clair que nous n’avons pas mené ce projet comme nous le souhaitions vraiment. Nous nous sommes imposés une façon de fonctionner qui ne nous convenait finalement pas et nous n’avons même pas pensé à revenir en arrière ou simplement à revoir le concept du site.
Le nom de domaine et l’hébergement arrivant à leur terme pour l’année en cours, il était temps de prendre une décision : renouveler ces services et continuer avec un Agraphages boitillant ou ne pas les renouveler et abandonner le projet.
Impossible de s’avouer vaincu si vite, Agraphages revient dans une toute nouvelle formule et se joint à la communauté Tumblr pour tenter de reprendre un nouveau souffle. Désormais, tous les utilisateurs de Tumblr peuvent apporter leur pierre à l’édifice et faire partie du projet Agraphages.
Chacun peut chroniquer, donner son avis, faire part des ses coups de cœurs ou plus simplement parler de ses lectures fanzinesques. Seule règle à suivre : le respect du travail des autres ;)
PS : les commentaires de l’ancienne version du site ont malheureusement été perdus dans le déménagement mais n’hésitez pas à en laisser de nouveaux.
Agrafé par Marc
Nom : Hatoyebe #1 - Revisitons les contes
Auteurs : CnS, cOsly, J-Psy, Ji-Soo, Looberry, Papayou, Saku, Samkat, Toph, Younha
Année de parution : 2008
Type de fanzine : BD, strips
Format : A5
Reliure : agrafage
Nombre de pages : 88 pages / Noir et blanc
Prix : 3 euros
Site internet : http://www.hatoyebe.net
Hatoyebe, pour moi, c’est vraiment le fanzine des bonnes surprises. Le genre de fanzine rare, celui que l’on trouve au détour d’un petit festival BD de province, là où on ne l’attendait pas, et qui, une fois ouvert, vous surprend encore davantage.
Je suis tombé sur Hatoyebe l’automne dernier à Tours durant le festival A Tours de bulles, je ne m’attendais pas un seul instant à trouver des fanzines mais le flair de l’agraphage que je suis m’a guidé jusqu’au stand de cette joyeuse équipe.
La couverture soignée a rapidement attiré mon oeil, les couleurs travaillées et la mise en page claire ont fait leur effet sur moi. Une fois le fanzine en mains, j’ai compris que c’était le tout premier numéro de l’équipe et qu’il était consacré aux contes de fées. Hatoyebe est donc un fanzine à thème, chaque numéro est et sera consacré à un nouveau thème. Si le sujet choisi pour ce premier numéro n’est pas spécialement original, les premières pages du fanzines, elles, attisent notre curiosité et nous poussent à le feuilleter entièrement.
Tous les contes sont revus et corrigés, souvent avec une bonne dose d’humour, quitte à tomber dans des interprétations totalement à l’opposé de leur versions initiales. De plus, chaque membre de l’équipe a développé son propre style, J-Psy semble assez influencé par la BD franco-belge à la Lanfeust, Samkat s’oriente vers de la BD plus graphique (à grands coups de brush) qui n’est pas sans rappeler le style de Benjamin, on retrouve également une influence manga assez marquée et, cependant, bien (di)gérée. En somme, c’est un sacré mélange, éclectique mais efficace grâce au thème qui donne une cohésion à l’ensemble. Et lorsque je parle d’éclectisme, ça ne s’arrête pas qu’aux styles graphiques, Youhna et Ji-soo nous proposent quelques légendes coréennes revues à leur sauce.
Hatoyebe #1 est bien loin des premiers numéros de fanzines bancals, dans lesquels il manque une page, dont l’agrafage laisse à désirer et dont la mise en page est plus que douteuse. L’équipe d’Hatoyebe a porté un soin particulier à son fanzine, à son impression, à son assemblage, à sa mise en page et à la qualité des travaux qui y sont présentés. Et en plus d’être douée, cette fine équipe n’es pas pingre ! A l’heure où le moindre fanzine de 28 pages (noir et blanc de surcroît) vous coûte un bras, Hatoyebe #1 ne vous coûtera que 3 malheureux euros !
Actuellement, l’équipe (productive!) d’Hatoyebe prépare son quatrième numéro, le principe reste le même : un nouveau thème pour chaque nouvel opus. Et si la plupart des BD sont des one-shot, d’autres sont à suivre d’un numéro à l’autre, le concept de développer un scénario sur les différents thèmes choisis semble tout à fait intéressant.
En bref
Hatoyebe c’est une équipe dynamique, sympathique, productive et un fanzine à thème de qualité à petit prix. Vivement la suite !
Agrafé par Alivia
Nom : À nu
Auteurs : Alice Lair, Marielle Lebrun
Année de parution : 2008
Type de fanzine : recueil d’illustrations, d’expérimentations graphiques
Format : A6
Reliure : Dos carré-collé
Nombre de pages : 90 pages / Noir et blanc
Site internet : http://uncadeux.canalblog.com
Si comme moi vous étiez de la partie, et que, comme moi, vous vous prenez à regretter de ne pas avoir eu l’esprit assez vagabondeur lors de l’édition 2008 de la Japan Expo (la plus grande convention d’Europe dédiée aux mangas, animes et peluches parlantes Pucca
- est-il utile de le rappeler), sachez que vous avez parfaitement… Raison !
Toutes les journées de nos existences apportent leurs lots de découvertes ; et parmi certains, de vraies coquilles crépitantes, que l’on aurait aimé déterrer plus tôt. C’est le cas du petit À nu (qui déborde à peine d’une paume), distribué comme le vent et prétexte à participation à ce festival estival pour deux blogueuses en mal de sensations fortes.
Un peu de simplicité, dans ce monde de sauvageons : j’irai même jusqu’à dire un peu d’évidence, puisque c’est l’impression que procure ce recueil. Les expériences graphiques se succèdent, tous d’une grande finesse, d’un confort apparent. Ce qu’il y a de bien, avec ce genre d’éditions, c’est que l’intention était clairement énoncée dès le départ : présenter son travail aux passants curieux. Avec cette affirmation, on ne se monte pas le bourrichon ; on va à l’essentiel, c’est-à-dire les dessins.

Et les dessins d’Alice Lair et de Marielle Lebrun se complètent et s’auto-stimulent, parfois très similaires, parfois bien différents : reste que la cohérence est là, et que le tout fonctionne d’une traite, voire d’un jet. Cette homogénéité préserve en elle quelque chose
comme de l’honnêteté minutieuse ou de l’humilité ; les petites historiettes s’enchâssant de manière légère et tout à fait naturelle.
En bref
Il faut forcément avoir hâte de suivre les avancées des deux conceptrices - qui ont finalement dissout leur embarcation de fortune après cette première expérimentation - et tirer une leçon importante de cette découverte rafraîchissante : toujours fouiller et rester curieux, même au beau milieu de la plus grande convention d’Europe et de ses montagnes de trousses clignotantes kitschissimes.
Le prix de vente, fixé à 5€, aurait pu prêter à confusion silencieuse : mais la reliure était faite main, et le papier délicat recouvrant ce recueil achevait de définir À nu comme un peu différent, et précieux. 