E-Crucify #2
Agrafé par Alivia
Nom : E-Crucify #2
Auteurs : Bellus, Dandy-Yagi, Didizuka, Lulu, Nathalie, Ryoko_Shima
Année de parution : 2009
Type de fanzine : BD, webzine
Format : A5
Reliure : aucune
Nombre de pages : 96 pages / Noir et blanc, Couleurs
Site internet : http://crucify.free.fr
Faire un fanzine, c’est du temps, c’est du travail, de l’implication (on l’espère pour ses créateurs) sincère et passionnée. Il ne semble jamais incongru de demander l’esquisse d’un geste pécuniaire aux lecteurs intéressés, ne serait-ce que pour encourager la démarche conceptrice : c’est pourquoi le webzine m’a toujours touchée et intriguée, en ce sens qu’il offre aux passants la possibilité de parcourir et d’emporter sur son disque, gratuitement, des semaines, peut-être des mois de travail compilé en volume plus ou moins cohérent. Loin de dénaturer la rançon quémandée par les autres fanzines en temps de festivals ou de vente par correspondance (pigeons voyageurs, bouteilles à la mer, téléportation…), déposer un webzine sur la toile, c’est probablement faire acte d’une forme de générosité : en cela, E-Crucify mérite déjà bien des tapes chaleureuses.
Dans ce deuxième numéro, pas de thème, mais une petite équipe concentrée qui soigne son propos et entremêle sur ses pages de pixels des morceaux d’histoires à poursuivre, tragiques ou hilarantes, aux tentatives originales (la fin du webzine est encore une fois à lire dans le sens japonais).
Passées la couverture et ses couleurs très engageantes, on retrouve donc Didizuka (si sa première histoire cinématique m’a laissée sur ma faim pour cause de nébulosité de mise en page, le graphisme marque un vrai devenir, avec une bonne maîtrise anatomique et un grand sens du détail ; la deuxième bande-dessinée, quant à elle, se paye le luxe d’un très bon encrage, souple et fluide), ou Lulu (délurée, légère ; les petites réflexions ponctuant ses récits semblant tout droit issues d’un bon vieux shôjô manga type Fruits Basket, qui étrangleraient un rire couinant dans une gorge contractée/déployée), mais découvre également de nouvelles venues, comme Dandy Yagi, qui semble apprécier l’écriture, qu’elle maîtrise avec une certaine finesse de ton (si le trait n’est pas spécialement abouti, la capacité de maintenir le lecteur sur son siège est déjà un encouragement certain).
En bref
E-Crucify #2 fait suite au mouvement impulsé dans le premier numéro : un dynamisme créateur, plein de motivation, pétillant, et une équipe productive qui use de la toile comme d’un grand coffre à jouets.
Quelques fautes d’orthographe éparses (… attention, certains seront impitoyables !), mais dans l’ensemble un fort bon moment dépensé… gratuitement :-)

Nom : Lunarzine #4
Nom : Chez Roger #1
Si vous aussi vous souhaitez faire partager un avis, une critique, des pistes de lecture (et à l’occasion un bon gigot juteux), Agraphages cherche à agrandir son équipe ! N’hésitez pas à nous écrire : vous pourrez ainsi devenir chroniqueurs ponctuels et réaliser vos propres agrafes sur les fanzines ou webzines de vos choix.
Nom : Gorgonzola #14
Il y a déjà quelques mois qu’Agraphages s’en allait en guerre, ses membres bien déterminés à conquérir le monde, le sur-monde, et puis l’au-delà. Il s’en est fallu de peu, mais le bilan à tirer sur papier chamois d’or ne relève que du positif (un plaisir d’écriture et de très sympathiques rencontres au coin d’un feu de forêt).
Après treize numéros publiés dans une régularité quasi-indiscutable, Gorgonzola s’est interrompu pour mieux revenir : à rythme différé désormais semestriel, mais comme d’un bloc neuf (chouette reliure, nombre de pages raffermi…). C’est qu’il faut faire face aux obligations du temps qualitatif, et c’est ce qui permet aux participations les plus tourbillonnantes comme les plus intrigantes de prendre ici place, sous l’égide d’une couverture semblant tout droit issue d’un mouvement graphique propagandiste qui marque l’esprit et ne délaisse pas indifférent. On retrouvera donc pêle-mêle entassés dans ce radical virage, les entrechats poétiques de Stanislas Gros (au trait doux et virevoltant), les chroniques d’un quotidien à plumes de Gilles Rochier, les tribulations conquérantes de Fribulde le Marin (guidé par Jzef, qui a su soulever ma cage thoracique de manière franche et… conquise ?), ou la nauséeuse expérience synaptique emmenée par Léo Quièvreux, tranchante comme un éclair, qui mélange habilement les trames et les bribes de trip cosmique allumé.
Les pages se suivent mais ne se ressemblent pas, au profit d’une fraîcheur de lecture souvent renouvelée : sont également à rappeler les noms de Vincent Lefebvre (qui joue du format comme de sa narration, en induisant le rôle du cadre en tromperie – c’est la multitude qui provoque le rire), le récit de voyage d’Olive Booger (avec sa narration agréable et vivante, qui n’est pas sans m’évoquer les techniques intrusives de données scientifiques dont use Marion Montaigne sur son blog
Le plus succulent restera pour ma part (fan indécrottable) la participation ténébreuse de Lionel Richerand : il faudrait dire l’inquiétante pression qui s’est emparée de moi, alors que je contemplais les visages ciselés, les ratures puissantes, l’implosion graphique bouillonnante. De l’effroi réjouissant, sous couvert d’absurde déroulement ; et la fin qui dégouline, rageuse, entre mythe réinterprété avec malice et dérapage violent.