Skaal #1
Agrafé par Alivia

Nom : Skaal #1
Auteurs : Bertrand Courtot, Guillaume Delamarche, Déborah Jean, Charlotte Kerzan, Jessica Nguyen
Année de parution : 2010
Type de fanzine : recueil expérimental d’illustrations, textes, et autres envolées graphiques
Format : A5
Reliure : agrafé
Nombre de pages : 26 pages / Noir et blanc
Prix : 2€
Site internet : http://www.eventailasso.fr/
Pour lire Skaal #1 en ligne : http://issuu.com/skaal/docs/skaal_1
Mesdames, mesdemoiselles et messieurs, votre attention s’il vous plaît : voici survenir un petit fanzine de (grande) poche que vous n’aurez pas loisir de retrouver, au parcours des tables de festivals où vos pieds dansants ont l’habitude de vous entraîner. Pour être tout à fait honnête, vous ne trouverez Skaal #1 qu’aux portiques de quelques échoppes bien spécifiques de la ville de Bordeaux – la distribution de productions imprimées, aujourd’hui, quel écrase-tête… ! – si vous souhaitez vous procurer la version papier ; ou bien gracieusement consultable sur la toile, en cliquant par ici.
Skaal #1 est le premier rabat de rideau relevé sur le travail de l’association L’Éventail, constituée d’une troupe d’inventifs étudiants en arts qui se sont croisés au fin fond de la salle d’un cours de l’Université de Bordeaux 3. Vous savez comment ça se tasse : d’abord on rature dans ses marges, puis on ose le morceau de feuille déchirée, puis (et ça c’est uniquement après avoir respiré trop d’effluves de ©Posca) on monte un collectif…
Après les coups d’essais réalisés sous la tutelle bienveillante de Raphaël Larre (artiste et professeur), les OSEF dissipés, les éditions impromptues, Skaal entrepose ses marques et rend tangibles ses appuis, proposant au fil de ses pages un fourmillement quasi-discontinu de pratiques créatives tiraillées entre illustration, graphisme, typographie et montage expérimental. Les taches se fondent en traces ; des fumées, des points de croix se forment, venant éclabousser le papier immaculé pour le rendre vibrant, lui conférer quelque chose d’extra-ordinaire. Et il y a ces très belles réussites, comme cette double page de timbres anatomiques et organiques, que personnellement je ne me lasse pas d’observer en espérant parvenir à y décrypter quelque message dissimulé.

Ce premier numéro de Skaal s’est bâti sur un principe de travail entremêlé qui pour ma part me plaît beaucoup : chaque participant a pu, à loisir, intervenir sur le travail de son voisin de page, ajouter, soustraire, conseiller, orienter, dans l’optique de l’émergence d’une certaine homogénéité de la production. Ici tout se fait en collaboration : chaque double-entrée est une découverte et une surprise, mais l’ensemble se tient, et c’est finalement aussi tout ce que l’on demande à un fanzine bigarré.
En bref
Alors que l’objectif premier de L’Éventail était de proposer un objet curieux et gratuit, l’impression de la version papier et ses noirs étincelants en aura décidé autrement. Qu’importe : on attrape un sou de 2€, on le dépose sous la page de garde, on y frotte un crayon de bois… Ce sont ces gestes justes qui font de Skaal une aventure à suivre.
Et si on refaisait du fanzine comme ça ? Du fanzine pour le plaisir de constituer un groupe, de créer ensemble, de concert, d’expérimenter, de se tromper et finalement de tromper l’apparente édifiante complexité, pour simplement exister ?