MDR
Agrafé par Alivia
Nom : MDR - Hors-Série Gate # 2
Auteurs : Emiko, Kami, Modeya, Piyo, Rukya, Sita
Année de parution : 2008
Type de fanzine : strips
Format : A5
Reliure : agrafage
Nombre de pages : 28 pages / Noir et blanc
Site internet : http://gate.aux.free.fr/
La liberté de faire ce que l’on aime. Le plaisir de faire ce que l’on fait. Deux options incisives, possibles apanages du hors-série ; car ce dernier permet un souffle, un écart ou un renouveau dans le chantier des productions d’un fanzine.
MDR, deuxième hors-série de l’attroupement Gate, se plaque comme digne successeur du premier échappé, LÖL, paru un an plus tôt. Sur le même modèle (mais un nombre de pages un tout petit peu inférieur), MDR invite le lecteur à prendre ses quartiers dans les bulles de ses conceptrices déjantées. Strips en cavale, humour asticoté ; et l’égide Gate toujours présente, comme une seule et même main, un nom soudé.
Emiko, Modeya, Rukya et Sita dirigent toutes leur propre espace netique, ceux-là même fournis en anecdotes et bébés-bédés qui font la mélodie des blogs derniers cris. Aussi, bien qu’unies sous le drapeau originel de leur résidence secondaire, les demoiselles développent des styles personnels (peut-être plus notablement dans l’encrage, en ce qui concerne Modeya et Rukya) et des palettes d’expressions chibiesques du tonnerre de Zeus.
En utilisant leur image pour impulser le voyage, MDR s’offre comme un monde à part entière, et hisse les capitaines de Gate au rang de véritables personnages. Identitairement aisément reconnaissables pour un amateur lambda, ces dernières ont au fil du temps appris à épicer leurs miniaturisations agitées (comme les quatre éléments, les quatre saisons, les sept péchés capitaux, ou les boys-band de M6…), et l’on se prend à s’attacher aux traits et caractères de chacune et chacun (Sita aime manger, Emiko aime les poitrines, Rukya est monnaie-phile, et Modeya café-vore).
Clins d’yeux charitables à ce qui fait leurs cultes et cultures (The Rocky Horror Picture Show, Animal Crossing, House MD, et bien sûr le premier hors-série Gate, LÖL), MDR est une lecture légère, une sincère distraction, une bouchée sucrée et attachante. Comme pour chaque humour, il faut cependant désigner une cible : ici se sentiront privilégiés les geeks, et les pimpants jeunots (en clair : n’est pas accessible à tous la touche de Gotlib).
Côté technicité, l’impression est bonne, les noirs intenses, les gris et trames distingués : petits bémols que j’annote au papier de couverture, qui aurait mérité d’être plus épais (il protège peu et se froisse facilement), et au prix (3,50€ pour 28 pages). Pas de fautes, une tenue d’une page pour chaque strip (titrés et fluides à parcourir) ; et le sentiment de ne pas être en reste pour le passager curieux, qui filera désormais comme l’éclair combler ses fringales sur les blogs de ces brigandes en sandales.
En bref
Un hors-série acidulé au ton libre et débridé, concocté par une troupe qui sait se rendre attachante.