Chocolat*Noisette #3
Agrafé par Marc
Nom : Chocolat*Noisette #3
Auteurs : Clover Doe
Année de parution : 2010
Type de fanzine : BD, série
Format : manga/poche
Reliure : dos carré collé
Nombre de pages : 180 pages / Noir et blanc
Prix : 6,50 euros
Site internet : http://kejhia.net/
A l’origine, Chocolat*Noisette (C*N pour les intimes) était une BD publiée dans le fanzine Auto-Reverse produit par le Staff John Doe, largement supporté par la mégacorp Kejhia. Après trois chapitres au sein d’Auto-Reverse, la série est finalement extraite du fanzine collectif pour paraître en numéros reliés de façon indépendante. Ce nouveau format n’en change pas moins le genre de la BD, Auto-Reverse est à la base un fanzine yaoi et la couverture de Chocolat*Noisette ne manque pas de nous le rappeler.
Chocolat*Noisette raconte principalement les tribulations amoureuses de Noisette, jeune homme de 18 ans qui joue les terreurs sur les forum de rencontre gay. Du moins, c’est son identité en ligne. En vrai, c’est un lycéen de 16 ans se prénommant Damien qui a encore du mal à s’assumer.
Tout se passe bien tant qu’il reste sur le net mais quand il s’agit de rencontrer Chocolat (un grand brun ténébreux, photographe) en vrai, c’est une autre paire de manches. De fait, Noisette jongle constamment entre ses deux identités et c’est un vrai plaisir de le voir s’enfoncer de plus en plus dans le bourbier dont il est à l’origine.
En réalité, ce petit résumé correspond au premier numéro de la série et je préfère m’arrêter là pour ne pas spoiler les futurs lecteurs. On se doute cependant qu’arrivé au troisième numéro il n’est plus seulement question de Noisette et Chocolat. Clover Doe a introduit dans la vie de Noisette une ribambelle de personnages hauts en couleur qui apportent à son histoire une belle dynamique.
Dans cette série drôle et punchy, elle a su créer un scénario de qualité digne des meilleurs shojo et développer des personnages avec une aisance incroyable tout en restant crédible. Chaque numéro se conclue sur un cliffhanger dont elle seule a le secret et qui garde le lecteur en haleine jusqu’au tome suivant.
D’un point de vue technique, le fanzine bénéficie d’une excellente finition. Son format manga et le design des couvertures sont tellement bluffants qu’on croirait réellement avoir à faire un manga.
Quant au contenu, Clover Doe maitrise très bien la narration, le découpage, la mise en page, le tramage et les codes du manga. Son style graphique est largement influencé par celui du manga mais suffisamment bien digéré pour être tout à fait personnel. De fait, il est difficile de lui trouver des défauts et ceux qui rechigneraient sur le premier numéro de la série peuvent être rassurés car la qualité du dessin s’améliore d’un numéro à l’autre.
En bref
Clover Doe nous livre dans Chocolat*Noisette une histoire de qualité servie par des personnages travaillés et un graphisme soigné. Entre ces aspects essentiels et le format manga, on a encore du mal à croire qu’on a à faire à un simple fanzine.
